Les technologies durables se construisent grâce à une amélioration continue
Les technologies durables apparaissent rarement sous leur forme la plus aboutie. Le plus souvent, les progrès résultent d'une succession d'améliorations qui rendent progressivement les systèmes plus efficaces.
L'histoire de l'innovation montre que l'efficacité ne s'obtient pas du jour au lendemain. Elle se construit progressivement grâce à de meilleurs matériaux, des conceptions plus intelligentes et une meilleure compréhension de la manière dont les ressources sont consommées.
Les premières innovations
Les premières ampoules électriques ont transformé le quotidien, mais selon les standards actuels, elles étaient particulièrement inefficaces.
Des gains d'efficacité
Au fil du temps, les ingénieurs ont développé de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies d'éclairage et des conceptions toujours plus performantes.
Les performances modernes
Aujourd'hui, une ampoule LED produit le même niveau d'éclairage tout en consommant seulement une fraction de l'énergie nécessaire auparavant.
De l'éclairage à l'informatique : une évolution comparable
L'informatique a suivi une trajectoire similaire. Les technologies numériques consomment d'importantes ressources, mais les infrastructures informatiques modernes sont aujourd'hui bien plus efficaces qu'elles ne l'étaient il y a quelques années.
Ces progrès sont essentiels, car chaque optimisation — de la conception des infrastructures aux performances des applications — contribue à réduire le gaspillage et à améliorer le fonctionnement des systèmes numériques.
Une décennie de progrès remarquables en matière d'efficacité
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le trafic Internet mondial en 2020 était environ 25 fois plus élevé qu'en 2010, tandis que le nombre d'internautes dans le monde a plus que doublé.
Sur la même période, la consommation énergétique des centres de données et des réseaux de transmission a augmenté beaucoup plus lentement que le trafic Internet et les charges de travail numériques.
Le trafic Internet mondial a connu une croissance spectaculaire, donnant naissance à un écosystème numérique comptant bien davantage d'utilisateurs, d'applications, d'appareils connectés et de flux de données qu'une décennie auparavant.
Une activité numérique plus importante aurait dû entraîner une consommation accrue de ressources.
À première vue, cela paraît logique. Davantage de trafic, d'applications et de données auraient dû se traduire par une augmentation proportionnelle de la consommation d'énergie.
Pourtant, ce n'est pas ce qui s'est produit
Alors même que la demande en services numériques continuait de croître, les ingénieurs, les équipes d'infrastructure et les fournisseurs de technologies ont constamment trouvé de nouvelles façons de rendre l'informatique plus efficace.
Le résultat est un écosystème numérique capable de prendre en charge un volume d'activité bien supérieur à celui des générations précédentes, tout en utilisant les ressources de manière beaucoup plus efficace.
Les centres de données sont devenus plus économes en énergie
L'un des domaines où les progrès ont été les plus visibles concerne les centres de données eux-mêmes. Au cours de cette période, les exploitants ont considérablement amélioré la conception, le refroidissement et la gestion de leurs infrastructures informatiques.
Les avancées en matière de matériel serveur ont permis d'obtenir davantage de puissance de calcul par watt consommé, tandis que les progrès réalisés dans les systèmes de refroidissement ont réduit l'énergie nécessaire pour maintenir les équipements dans des conditions de fonctionnement optimales.
Un matériel plus performant
Les serveurs de nouvelle génération offrent une puissance de calcul bien supérieure tout en consommant l'énergie de manière beaucoup plus efficace.
Un refroidissement optimisé
Les innovations apportées aux systèmes de refroidissement ont permis de réduire l'énergie nécessaire pour garantir des conditions de fonctionnement sûres et stables.
Une meilleure conception des infrastructures
L'optimisation des implantations, des flux d'air et de la distribution électrique a permis de limiter les consommations liées au fonctionnement des centres de données.
L'essor du cloud et des infrastructures hyperscale
Le secteur s'est également tourné vers les centres de données cloud et hyperscale. Ces infrastructures sont conçues pour fonctionner à très grande échelle, avec des installations hautement optimisées et une gestion beaucoup plus efficace des ressources.
Les améliorations apportées à la conception des infrastructures et à leur exploitation ont permis de réduire les besoins en refroidissement et les pertes liées à la distribution électrique, consacrant ainsi une part plus importante de l'énergie directement aux opérations de calcul.
Virtualisation, cloud computing et meilleure utilisation des serveurs
Pendant de nombreuses années, les organisations ont acheté des serveurs physiques dédiés à des applications spécifiques, laissant souvent une grande partie de leur capacité de calcul inutilisée.
Un serveur pouvait ainsi fonctionner pendant une grande partie de son cycle de vie bien en dessous de ses capacités maximales, tout en continuant à consommer de l'électricité et à nécessiter un refroidissement permanent.
Des serveurs physiques sous-exploités
Les serveurs dédiés hébergeaient généralement une seule application, laissant une part importante de leur puissance de calcul inutilisée pendant de longues périodes.
La virtualisation des charges de travail
La virtualisation a permis d'exécuter plusieurs charges de travail sur un même serveur physique, améliorant ainsi son taux d'utilisation tout en réduisant le gaspillage des ressources.
La mutualisation des ressources dans le cloud
Le cloud computing a accéléré cette évolution en mutualisant les capacités de calcul au sein de grandes infrastructures et en allouant les ressources là où elles étaient réellement nécessaires.
Faire plus avec moins de serveurs physiques
Avec la généralisation de la virtualisation et du cloud computing, les organisations ont pu prendre en charge davantage d'applications et de services numériques sans augmenter proportionnellement leur parc de serveurs physiques.
Ces évolutions ont permis d'améliorer le taux d'utilisation des serveurs, de limiter l'expansion inutile des infrastructures et de tirer un meilleur parti des ressources déjà disponibles.
- Réduction du gaspillage des infrastructures
- Amélioration du taux d'utilisation des serveurs
- Une allocation plus efficace des ressources informatiques
Mesurer et éliminer le gaspillage numérique
Tous les gains d'efficacité ne sont pas issus d'améliorations majeures des infrastructures. Une partie d'entre eux est venue d'une meilleure compréhension de la manière dont les services numériques consomment les ressources.
Avec la maturité des pratiques de supervision et d'observabilité, les organisations ont acquis de nouveaux moyens d'identifier les processus inefficaces, les transferts de données inutiles, les applications mal optimisées ainsi que d'autres formes de gaspillage numérique.
Des processus inefficaces
Identifier les processus qui consomment inutilement des ressources ou génèrent des inefficacités opérationnelles évitables.
Des transferts de données inutiles
Détecter les échanges excessifs, les appels redondants ou les déplacements de données qui n'apportent aucune valeur.
Des applications insuffisamment optimisées
Mettre en évidence les applications qui consomment davantage de ressources que nécessaire pour offrir l'expérience attendue aux utilisateurs.
Un gaspillage numérique invisible
Rendre mesurables des inefficacités jusqu'alors invisibles afin de permettre aux équipes d'agir avec précision.
Passer de l'estimation à la mesure
Une meilleure visibilité a facilité l'identification des axes d'amélioration. Plutôt que d'ajouter systématiquement de nouvelles infrastructures pour résoudre les problèmes de performance, les équipes ont souvent obtenu de meilleurs résultats en optimisant les systèmes existants, en réduisant leur complexité et en éliminant les comportements inefficaces.
Cette évolution a permis de faire de la durabilité un véritable enjeu d'ingénierie, fondé sur des données mesurables plutôt qu'un simple objectif théorique.
Les solutions modernes d'observabilité et de Digital Experience Monitoring permettent d'identifier les processus inefficaces, de quantifier l'utilisation des ressources et de suivre les bénéfices des optimisations mises en œuvre.
Découvrir Ekara GreenLes énergies renouvelables et une infrastructure numérique plus durable
Les progrès ne se sont pas limités à l'amélioration de l'efficacité. De nombreux fournisseurs de technologies et exploitants de centres de données ont également investi dans des sources d'électricité plus propres ainsi que dans des pratiques d'exploitation plus durables.
L'approvisionnement en énergies renouvelables est progressivement devenu un pilier des stratégies d'infrastructure numérique, contribuant à réduire l'intensité carbone de l'électricité utilisée pour alimenter les services numériques.
Des sources d'électricité plus propres
Les fournisseurs de technologies et les exploitants de centres de données ont intégré de manière croissante les énergies renouvelables dans leurs stratégies d'infrastructure.
Des pratiques d'exploitation plus durables
Au-delà des gains d'efficacité, le secteur a également fait évoluer ses méthodes d'exploitation afin de réduire l'impact environnemental des services numériques.
L'efficacité énergétique et les énergies renouvelables : deux leviers complémentaires
Ces initiatives n'ont pas supprimé l'impact environnemental de l'informatique, mais elles sont venues compléter les progrès réalisés en matière d'efficacité énergétique.
En combinant des infrastructures plus performantes et une électricité plus propre, le secteur a renforcé la durabilité des opérations numériques tout en continuant à répondre à une demande croissante en services en ligne.
Le nouveau chapitre de l'informatique durable : le défi de l'intelligence artificielle
Les gains d'efficacité et le recours croissant aux énergies renouvelables obtenus au cours des dernières décennies n'ont pas fait disparaître les enjeux environnementaux. Ils ont toutefois permis de poser des bases plus durables pour accompagner la croissance du numérique.
Aujourd'hui, l'intelligence artificielle représente le nouveau défi de cette évolution. À mesure que les charges de travail liées à l'IA se développent, la consommation d'électricité des centres de données augmente rapidement.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la consommation d'électricité des centres de données a augmenté de 17 % en 2025 seulement, soit une progression nettement supérieure à celle de la demande mondiale en électricité.
L'AIE estime que la consommation électrique des centres de données pourrait doubler d'ici 2030, les infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle connaissant une croissance encore plus rapide de leurs besoins énergétiques.
L'intelligence artificielle ne marque pas la fin de l'informatique durable
Il serait erroné de considérer l'essor de l'IA comme une remise en cause des progrès réalisés jusqu'à présent. Le même secteur qui a amélioré l'efficacité des centres de données, optimisé l'utilisation des serveurs, perfectionné les systèmes de refroidissement et développé de nouveaux moyens d'identifier le gaspillage applique aujourd'hui ces enseignements à une nouvelle génération de technologies.
L'intelligence artificielle est d'ailleurs de plus en plus utilisée pour optimiser l'exploitation des infrastructures, la gestion de l'énergie et l'efficacité des systèmes de refroidissement.
Les prochains chapitres de l'informatique durable
Jusqu'où sommes-nous allés en matière d'informatique durable ? Les faits montrent que les progrès réalisés sont bien plus importants que beaucoup ne l'imaginent.
Au cours des dernières décennies, les ingénieurs, les équipes d'infrastructure et les fournisseurs de technologies ont continuellement trouvé de nouvelles façons de rendre les systèmes numériques plus efficaces.
Des infrastructures plus performantes
Les centres de données, les systèmes de refroidissement et la distribution électrique ont considérablement évolué afin de réduire le gaspillage tout en répondant à une demande numérique toujours plus importante.
Une meilleure utilisation des ressources
Les gains apportés par le cloud et une meilleure utilisation des serveurs permettent aujourd'hui aux organisations d'accomplir davantage avec les infrastructures déjà en place.
Une visibilité renforcée
Les solutions de supervision et d'observabilité facilitent désormais la mesure, la compréhension et l'optimisation de la consommation des ressources au fil du temps.
L'informatique durable n'est pas une finalité
L'histoire de l'informatique durable n'est pas celle de victoires définitives. Chaque progrès résout certains défis tout en en révélant de nouveaux.
Aujourd'hui, l'intelligence artificielle met à l'épreuve la capacité du secteur à poursuivre ses efforts d'amélioration de l'efficacité face à une demande qui ne cesse de croître. Demain, un tout autre défi pourrait émerger.
L'histoire de l'informatique durable nous enseigne que les progrès significatifs ne se produisent jamais d'un seul coup. Ils résultent d'une succession d'améliorations, chacune répondant aux besoins et aux contraintes de son époque.